L'article de presse:
Depuis dix ans, Amaury Dubois cherche l’évasion et l’apaisement dans la peinture. Il y trouve un divan de psy, parfois un punching ball. Il expose ses peintures « émotionnelles » à l’espace culturel jusqu’au 28 juin. À voir d’urgence.
Déjà dix ans qu’Amaury Dubois, 29 ans, a commencé. À cette époque, « je me cherchais, c’était comme un défouloir. » Depuis il a grandi, s’est assagi : « Je sens que j’évolue, que je me calme aussi. » Une visite dans son atelier - à la découverte des peintures aux couleurs explosives, aux côtés d’oeuvres plus paisibles - en témoigne. « J’ai toujours peint des peintures très mouvementées mais je commence à explorer d’autres facettes. Ma peinture, c’est comme un miroir de moi. » Ses premières peintures, Amaury Dubois les a réalisées « sans rien connaître de la peinture ». « Ça m’est tombé dessus. J’ai posé mon trait et j’ai inventé des formes. En deux-trois toiles, j’avais avancé visuellement sur la lumière et la construction. » Petit déjà, le jeune peintre aimait dessiner. « Comme les autres enfants… mais en plus acharné ! », précise-t-il.
« Créer des fenêtres et des mondes » La famille, qui compte plusieurs artistes, y est peut-être pour quelque chose. À ceci près que « pour eux, c’est un plaisir, pour moi, c’est aussi vital que boire ou manger. C’est un besoin. » Celui, insatiable, de « créer des fenêtres et des mondes ».
« Quand je prends une toile blanche, je ne fais qu’appliquer ce que j’ai déjà dans la tête. » Selon sa « sensibilité du moment », ce jeune peintre cherche à « mettre une image sur une émotion. » Si bien qu’au gré de ses humeurs il travaille souvent sur plusieurs tableaux à la fois. « Au lieu de prendre un médicament pour l’anxiété, un autre pour le surmenage, c’est une toile par besoin. » Lui qui se décrit comme « un faux calme » cherche ainsi à « s’évader » dans un exercice de concentration et de minutie « sincère et intègre ». « La peinture me permet de rêver, c’est sans limites. J’ai l’impression de construire un radeau tous les jours et de me laisser entraîner sur une rivière. Cela me permet de conserver une part d’inconnu, de savoir que tout n’est pas écrit, de ne pas connaître la fin. » Amaury Dubois, qui a participé à l’exposition collective Pupitres et chevalets, à Bondues à l’automne dernier, est de retour à l’espace culturel. Seul, cette fois, avec une vingtaine d’oeuvres récentes.
FANNY SAINTOT




